Des fois, …

Le son bien à fond !!!


Mai 1871, juin 2026 : des ruines, des rêves et quelques machines qui refusent de se taire

Le 28 mai 1871, au terme de la Semaine sanglante, la Commune de Paris tombait sous les balles et les exécutions. Des milliers de femmes et d’hommes furent massacrés pour avoir tenté d’imaginer une autre société. Une société plus juste, plus libre, plus fraternelle.

Cent cinquante-cinq ans plus tard, le monde n’a pas vraiment appris à aimer celles et ceux qui rêvent trop fort.

Pourtant, la Commune demeure. Non pas comme une relique enfermée dans un musée, mais comme une idée tenace. Une mauvaise herbe magnifique qui continue de pousser entre les fissures du béton.

Chaque fois qu’un artiste crée sans demander la permission.
Chaque fois qu’un collectif invente une autre manière de vivre ensemble.
Chaque fois qu’un lieu ouvre ses portes à celles et ceux qui n’ont pas toujours leur place ailleurs.

La Commune est encore là.

Et c’est peut-être ce qui me pousse à continuer.


Pendant que les puissants comptent leurs bénéfices, je passe mes journées entre câbles, synthétiseurs, plantes branchées sur des machines improbables, ateliers, rencontres et projets qui n’ont souvent aucun sens économique mais beaucoup de sens humain.

Depuis quelques mois, les choses avancent dans plusieurs directions à la fois.

Avec Syndrome Bazar, nous continuons à construire la suite de l’aventure. De nouveaux concerts se préparent, de nouvelles chansons prennent forme dans le studio. Certaines sont brutes, d’autres plus électroniques. Certaines parlent de nos colères, d’autres de nos failles. Toutes racontent un peu ce monde étrange dans lequel nous essayons de trouver notre place.

Le projet du prochain album avance lui aussi lentement mais sûrement. Comme toujours, nous préférons prendre le temps de fabriquer des chansons qui nous ressemblent plutôt que courir après l’air du temps. Les machines ronronnent, les guitares grincent, les textes s’accumulent dans des carnets tachés de café.

Bref, tout va bien.

Ou du moins aussi bien que possible.


À côté de cela, je poursuis également les expériences autour de la bioacoustique végétale.

J’aime toujours autant observer les réactions du public lorsque les premiers sons apparaissent. Cette surprise presque enfantine quand une plante semble dialoguer avec un synthétiseur. Bien sûr, la réalité est plus complexe. Les plantes ne jouent pas du piano. Elles produisent des variations électriques que des interfaces traduisent en données musicales.

Mais peu importe finalement.

Ce qui compte, c’est ce moment où l’on ralentit.

Où l’on écoute.

Où l’on accepte que le vivant puisse nous raconter quelque chose.

Les prochains mois verront se multiplier les voyages sonores, les siestes musicales et les expériences immersives mêlant bioacoustique, synthèse sonore, respiration et paysages électroniques. Chaque séance est différente. Chaque lieu transforme l’expérience. Chaque rencontre apporte sa propre couleur.

Je continue également à explorer les possibilités offertes par le modulaire, les instruments acoustiques, les capteurs et toutes ces petites machines qui permettent de fabriquer des espaces sonores où le temps semble ralentir.


Et puis il y a tous les autres projets.

Les ateliers.

Les expositions.

Les rencontres improbables.

Les podcasts.

Les collaborations qui naissent autour d’un café ou d’une conversation de cinq minutes et qui finissent parfois par devenir des aventures de plusieurs années.

Je n’ai jamais cru à la carrière artistique comme une ligne droite.

Je préfère les chemins de traverse.

Les détours.

Les accidents.

Les rencontres.


Alors pendant que certains célèbrent les vainqueurs de l’Histoire, je continue à avoir une tendresse particulière pour les vaincus, les rêveurs, les bricoleurs, les poètes, les musiciens qui transportent leurs amplis sous la pluie, les artistes qui créent sans certitude, les habitants qui inventent des lieux de vie, les plantes branchées sur des synthétiseurs et toutes les formes de résistance douce qui rendent le monde un peu plus habitable.

La Commune est morte.

Vive la Commune.

Et à très bientôt, quelque part entre une plante, un synthétiseur et un rêve qui refuse obstinément de disparaître.

inSOlo

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